Compte-rendu du procès de Batman par Evry insolente

Publié le 16 janvier 2019 par

Le 20 décembre a eu lieu un événement hors du commun : le procès de Batman, organisé par l’association d’éloquence Évry Insolente, dont vous avez pu découvrir l’interview il y a quelques semaines. Batman Legend était partenaire de cet événement, et Alexandra et moi avons pu y assister aux premières loges. Nous vous en faisons un compte-rendu.

Peuple d’Evry, Peuple du Monde,

Bruce Wayne et Le Batman ne sont que les deux faces d’une même pièce, lorsque l’un vie à la lumière de sa richesse, l’autre se meurt de voir que les ténèbres grandissent dans la pauvreté ainsi que dans les sinistres recoins de Gotham City.
Les ténèbres l’ont forgé, ses parents sauvagement assassinés sous ses yeux l’ont comme condamné à être vêtu de noir à jamais.
Lorsque l’occasion se présente Bruce Wayne préfère troquer le confort de son smoking de Vicuna et la chaleur du bras d’une de ses conquêtes, à la cape protectrice de la chauve souris et au froid de la nuit.

Combien d’homme possédant un tel capital seraient prêts à se sacrifier pour lutter contre la criminalité ?

Le Joker, le Pingouin, Double face, ou encore Bane, des professionnels du crime qui n’ont de drôle que leur nom et qui n’hésitent pas à se frotter directement au Batman, mais celui-ci rétorque, frappe, détruit, blesse et prend la place de la police.
Ses moyens de lutte contre le crime sont basiques, simples. Pour l’escorter sur les lieux du crime, quoi de mieux qu’une Batmobile, le uber le plus rapide du siècle. Pour se défendre, quoi de mieux qu’une petite collection d’armes provenant de sa cave, puisqu’au final ce n’est qu’un arsenal militaire qui repose dans la Batcave, avec une Batmoto, des Bat-Grenades, des Batarangs, et autres batgrappins, en somme, des gadgets en tout genre qui pourraient faire rougir un régiment de Navy seals.

Mais la chauve souris est arrêtée, elle s’est brulée les ailes sur le feu ardent, du projecteur de notre justice.
Il est bien difficile de l’admettre, tout le monde adore les héros. Les gens font même la queue pour les voir, les acclamer, hurler leur nom, et raconter des années après qu’ils ont attendu des heures sous la pluie, juste pour apercevoir, celui qui leur a appris à « tenir ne serait-ce qu’une seconde de plus. »
Notre amour pour les héros nous force à penser qu’ils sont l’incarnation du bien, cela dit, en agissant en dehors des cadres légaux fixés par notre société, ils font aussi le mal.
Finalement, Batman n’est que Bruce Wayne, Bruce Wayne n’est qu’un Homme, et un Homme, doit être soumis à la loi s’il la viole, comme tous les autres Hommes.

Avocat de la défense, Avocats de la partie civile, Témoins et Procureur de la république vont bouleverser tous vos codes moraux, au profit d’une problématique générale :
Batman est-il la justice ? L’État de droit peut-il être remis en question au profit d’une noble cause ? Batman doit-il être condamné ?

Vous aurez la réponse dans un grand Procès fictif, qui décidera du sort de Bruce Wayne, plus communément appelé… Le Batman.

« Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le rôle du méchant. » – Harvey Dent.

Alexandra nous donne son avis :

Le procès

A l’université d’Evry Val d’Essonne des jeunes étudiants en droit se forment à l’éloquence et se mettent en situation lors, notamment, de procès fictifs. L’association Evry Insolente est une association étudiante qui a pour but de promouvoir l’art oratoire, l’éloquence, et la pratique du débat au sein de l’Université d’Evry-Val-d ‘Essonne.

Elle créa alors le procès de Bruce Wayne… car, oui, enfin l’identité de Batman se révèle au grand jour ! Ce sont ces adversaires de toujours qui l’accusent : Le Joker accompagné d’Harley Quinn, le Pingouin, et Harvey Dent. Trois vilains qui confrontent Batman face à la justice pour la toute première fois !

L’intérêt de ce procès est immense tant pour les fans inconditionnels de Batman que pour des étudiants en droit. Batman a-t-il tous les droits ? Sa fonction de « justicier » excuse-t-elle le fait qu’il brûle les feux rouges avec sa Batmobile ou qu’il use d’un port d’armes un tant soit peu illégal ?

Chaque étudiant a dû s’adonner à cet exercice de l’éloquence et jouer pour certains les avocats, le procureur, le juge, les méchants et le must… Batman.

Les acteurs

Par sa forme, ce procès ressemblait à un « vrai » procès. L’implication y était, chaque étudiant a donné le meilleur de soi-même pour nous proposer un procès digne de ce nom. Mais si ce procès répond à tous les codes juridiques, l’univers de Batman a lui aussi été respecté.

 

Batman, droit, sérieux, pragmatique, son plaidoyer défendant sa cause était juste et claire. Il ne mérite pas d’aller en justice alors que de tels pourritures face à lui commettent des atrocités ! Face à lui les plus vilains des vilains de Gotham. Harvey Dent et Double Face ont pu s’exprimer. Et oui, ce procès a mis en avant les deux personnalités du personnage, ce que j’ai trouvé très intelligent de leur part !
Je n’aurais pas pensé à faire ça. Quant au Pingouin, encore bravo à l’étudiant l’ayant joué, avec la voix un peu cassé voire toussante, le dos en voute, et oui, l’art oratoire c’est aussi physique !
Enfin, je suis obligée de finir avec les meilleures prestations et les plus ressemblantes : Le Joker et Harley Quinn.

Manu Aiko Katsu et Matisse Vauzelle au procès de BatmanHarley Quinn et son JokerBatman, droit, sérieux, pragmatique, son plaidoyer défendant sa cause était juste et claire. Il ne mérite pas d’aller en justice alors que de tels pourritures face à lui commettent des atrocités ! Face à lui les plus vilains des vilains de Gotham. Harvey Dent et Double Face ont pu s’exprimer. Et oui, ce procès a mis en avant les deux personnalités du personnage, ce que j’ai trouvé très intelligent de leur part !
Je n’aurais pas pensé à faire ça. Quant au Pingouin, encore bravo à l’étudiant l’ayant joué, avec la voix un peu cassé voire toussante, le dos en voute, et oui, l’art oratoire c’est aussi physique !
Enfin, je suis obligée de finir avec les meilleures prestations et les plus ressemblantes : Le Joker et Harley Quinn.

Cette dernière nous a fait rire, peur, surpris, bref… dotée de sa peluche et de sa batte, il ne fallait pas s’énerver… Et comment ne pas mentionner le Joker ! Nous avions deviné que c’était le « fan » de Batman de la team.  Et par son interprétation du Joker, j’ai cru me retrouver dans le film de Christopher Nolan : « The Dark Knight » ou devant une histoire tout droit sortie des Comics.

Un procès réussi

C’est aussi ça la force de ce procès : une justesse dans la présentation de l’univers de Batman. Le Pingouin est celui des films de Tim Burton. Comme je l’ai dit plus haut le Joker s’inspire des célèbres films de Nolan. Harley Quinn correspond parfaitement à celle que l’on retrouvait dans la série animée Batman TAS (mais avec le costume de la Harley de Suicide Squad). Ses nombreuses sources confirment l’excellent travail de fond réalisé par les étudiants de l’association.
En tant que fan de Batman j’ai adoré ! Tous ces étudiants ont fait un véritable travail et effort pour ressembler le plus possible aux personnages qu’ils incarnaient. Ces étudiants m’ont donné le goût de l’art oratoire ! J’ai eu envie grâce à eux de moi aussi m’essayer aux plaidoyers, de m’essayer à l’éloquence et à la justesse des mots. Un exercice, pas seulement dédié aux étudiants en droit mais à tout le monde. Nous devrions tous affronter un public, affronter notre timidité comme le fait si bien Evry Insolente.


Pour ma part, outre un grand respect pour l’œuvre de Batman, comme l’a bien démontré Alexandra ci-dessus, de belles surprises se sont révélées à nous lors de ce procès, et nous ont marqué.

Le procès de Batman : avocat de Brue Wayne
Le procès de Batman : Said Omar Nahayane, l’avocat de Bruce Wayne

Deux orateurs nous ont particulièrement intéressés lors de cette soirée. Tout d’abord, l’avocat de Batman, Said Omar Nahayane, que nous avons trouvé brillant. Posé, parlant avec clarté et conviction, il s’est avéré particulièrement convaincant. Nous avons surpris au détour d’une conversation qu’il était en 2ème année de licence, or sa performance était telle qu’Alexandra et moi l’imaginions avoir plus de bagage.

Mais il y a eu également Océanne Etievant. N’hésitant pas à faire intervenir l’humour et les punchlines au sein d’un discours tout à fait sérieux, elle usait de différentes intonations de sa voix, des silences, du rythme de ses phrases, de façon à convaincre le public. Ce n’est pas pour rien qu’elle a remporté la palme de meilleure oratrice du procès.

Par ailleurs, l’interprétation de quelques personnages emblématiques de l’univers nous ont surprises. L’interprète d‘Oswald Cobblepot, alias Le Pingouin, Baptiste Timbert, a bien tiré son épingle du jeu. Affublé d’une perruque et d’un faux nez, il jouait très bien l’escroc de mauvaise foi, et a plusieurs fois faire rire l’assemblée avec ses raclements de gorge qui rendaient le personnage ridicule à souhait, n’hésitant pas non plus à y aller de ses commentaires lors de l’intervention des autres méchants, tel Harvey Dent et le Joker.

Mais celui qui nous a le plus marqué (et le choix est unanime puisqu’il a remporté le titre de meilleur orateur parmi les victimes) est sans aucun doute le Joker. Matisse Vauzelle, qui l’incarnait, était la « caution spécialiste de Batman » des organisateurs. Son interprétation a forcé le respect, aussi bien au niveau du « jeu » tout le long du procès, qu’au niveau du discours, qui alliait art oratoire et esprit illuminé « jokérien ». Outre sa courte intervention, il n’a cessé de jouer son rôle jusqu’au bout, intervenant de ses remarques acerbes, se montrant en spectacle même lorsque ce n’était pas son tour, jouant de l’insolence du début à la fin du procès. Personnellement, j’avais l’impression que le vrai Joker était avec nous ce soir-là ! Sa prestation fut si étonnante que nous vous en livrons une vidéo.

 

De plus, Matisse Vauzelle était accompagné de Manu Aiko Katsu, qui interprétait Harley Quinn à merveille. Sa folie naïve se ressentait parfaitement, elle nous faisait rire en respectant totalement le code Harley Quinn : violence, naïveté, amour fou et victime consentante d’un psychopathe. Manu s’accordait parfaitement avec Matisse, et leur jeu en commun a été un régal.

Enfin, la surprise finale fut réalisée par le juge, Sofiane Benslimane, que vous connaissez déjà si vous avez suivi notre interview : c’est lui, le responsable communication de l’équipe d’Evry Insolente, et qui était en contact avec nous. Délivrant un discours final sur la responsabilité des individus et de la société vis-à-vis de la décadence et l’injustice, les lumières se sont finalement éteintes. Nous l’avons vu déboutonner sa chemise puis, la lumière réapparaissant, dévoiler sa véritable identité : Superman. Voilà pourquoi Batman a été acquitté, mais la société sermonnée…

Ce procès fut une réussite. Il nous a permis d’assister à un événement peu habituel, qui a su captiver les amateurs du héros comme les passionnés de droit. On en redemande, que ce soit sur ce thème ou sur un autre !

N’hésitez pas à nous dire en commentaire si vous faisiez parti des privilégiés qui ont assisté au procès et ce que vous en avez pensé ou bien si de tels événements vous intéressent pour une prochaine fois 😉

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Votre bat auteur

Bibliothécaire comme Barbara, servant le chevalier noir depuis peu, aimant le Moyen Âge, le Tir à l'arc et les balades nocturnes sur les toits.

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