Critique du film d’animation Lego Batman : Family Matters

Publié le 27 août 2019 par

Dans les sorties DVD Warner Animation de ce mois de juillet, difficile pour la Team Batman Legend de passer à côté de ce « Lego Batman : Family Matters », que l’on peut traduire par « Une histoire de famille ». Et de famille, il en est largement question avec cet opus (un peu plus light quand-même) de la presque saga « Lego Batman ». Puisant l’inspiration dans de multiples épisodes animés ou des comics (Red Hood, le Deuil de la Famille) « Lego Batman : Family Matters » offre un spectacle rythmé et joue parfois habilement avec les différents mythes de la Bat-Family et avec le thème récurent de la dualité Bruce Wayne / Batman.

Synopsis

Retrouverez Batman et toute sa clique dans leur première aventure située dans l’univers Rebirth où Two-Face s’empare de Brother Eye pour semer le chaos dans Gotham et dans les liens qui unissent nos justiciers. Le doute règne en effet parmi eux depuis que Bruce, Batgirl Robin et d’autres ont reçu une mystérieuse invitation et que Red Hood, ici un super-vilain, souhaite leur destruction.

En 2017, dans la foulée de La Grande Aventure LegoBatman faisait déjà une apparition remarquée, nous avions pu découvrir un Lego Batman tout dédié au Justicier de Gotham, avec un scénario, une thématique et un traitement tout à fait original, multipliant les innombrables références à un rythme endiablé, sur des décors délirants et flashy. Si on ne peut véritablement parler de suite, ce Family Matters s’inscrit dans la droite ligné de l’original, les salles obscures en moins : en effet, il s’agit d’une sortie dédiée au circuit DVD (direct to video). Et cela se ressent évidemment, mais moins que ce que l’on aurait pu penser.

Another brick on the Bat

La première question que l’on peut se poser sur un tel film est : Est-on plutôt sur un film Lego ou un film Batman ? Le concept de film Lego avait été largement exploité sur « La Grande Aventure Lego » avec notamment, au delà des références aux divers kits de la marque, la notion « d’infra-monde » vs « la réalité ». Ce n’était pas le cas vers « Lego Batman », mais la référence aux petites briques danoises se justifiait notamment par les notions de reconstruction / réparation de Gotham.

La Bat-Family au grand complet

Dans Family Matters, ce n’est pas le cas : les références à l’univers Lego, au concept de jeu de construction sont quasi inexistantes, à une ou deux exceptions près, par exemple lorsqu’un passant, voyant Batman dit à un autre « Je le croyais plus grand ». Et le second de répliquer « Nous avons tous la même taille ». Et c’est bien dans ce registre que l’on trouvera l’originalité de cet opus : par un second degré et une auto-dérision permanente et assez réjouissante (il faut voir Batgirl et Nightwing se disputer comme deux adolescents amoureux à cause d’un SMS), tout en restant accessible aux plus jeunes (devinez avec quoi joue Ace, le Bat-chien, à la place d’un os …).   La réalisation est assez rythmée malgré un ventre mou dans le second tiers. L’animation et le design des personnages en images de synthèse sont toujours aussi parfaits. La texture du plastique est particulièrement bien rendue. On pourra par contre mettre un petit bémol sur les décors, qui restent assez simplistes, loin des textures détaillées de « Lego Batman ». Le « direct to video » se fait donc un peu ressentir.

La vie rêvée de Bruce Wayne

Un double-face particulièrement réussi

Le scénario ne présente pas de grande surprise. Un mystérieux méchant caché derrière une cagoule rouge et arborant un logo rouge vaguement familier sous un blouson de cuir, et signant ses forfaits de « RH »(oh, mais qui cela peut-il bien être ???) réunit une équipe de bad-guys familiers de l’univers de Batman pour mettre à l’épreuve toute la bat-family. Au premier rang de ces méchants, on trouvera un double-face particulièrement réussi. Parallèlement à tout cela, on a affaire à un Batman de plus en plus désabusé par sa vie secrète de Bruce Wayne : c’est là le point fort de l’histoire. Les scénaristes ont inversé de façon tout à fait intelligente le postulat d’un Bruce Wayne fatigué qui en a assez et qui laisse tomber Batman et sa vendetta. Ici, c’est l’homme-lego-chauve-souris (un lego qui a un gros ego !!) qui occupe la scène et qui en a assez d’être Bruce Wayne le jour, en particulier depuis que la famille (réunie depuis Lego Batman) assure grave. Il en vient même à vouloir vendre Wayne Entreprises. Un comble ! Mais une façon tout à fait intéressante de montrer qu’un Bruce Wayne philanthrope et soucieux du devenir de Gotham reste une évidence dans le Bat-Univers, malgré ce que peut en penser notre Lego-Batou… La relation (complètement schizophrène) qu’entretiennent les deux faces (oui, je n’ai pas pu résister) de notre héros sont à l’origine de deux scènes fort sympathiques et qui sont un réel atout du film.

Je suis Lego-Batman

En conclusion, l’univers Lego se prête bien à cet exercice d’auto-dérision, sans réelle surprise, mais honnête. Petits et grands trouveront leur compte dans une histoire où le petit homme chauve-souris en plastique continue malgré tout à chercher sa voie. Les quelques références au Bat-Univers et aux comics sont rares mais intelligemment distillées. Et au final, l’histoire n’est pas si naïve que cela… Que demander de plus ?

Les points forts :
  • Une animation réussie
  • Un second degré réjouissant
  • Un divertissement familial
Les points faibles :
  • Les décors un peu simplistes
  • Un rythme un peu inégal

 

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Votre bat auteur

Bruno, grand fan du Dark Knight depuis plus de 30 ans. Inconditionnel de Franck Miller, Grant Morrison & Tim Burton... Je m'attache à raconter "mes" moments cultes de ce personnage unique au travers de scènes inoubliables, de comics de légendes, de musiques cultes.

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