Croyez-vous en Gotham City ?

Publié le 02 octobre 2014 par

Introduction

« Je crois en Gotham City« , c’est sur cette phrase, ce crédo, que s’ouvre « Un long Halloween ». Probablement les comics du Bat-verse les plus fédérateur des fans du Dark Knight, « Un long halloween » fut scénarisé par Jeph LOEB (à présent scénariste chez Marvel) et le talentueux Tim SALE (Notamment contributeur de la série Heroes). Or, ce n’est pas la première fois que le couple LOEB/SALE contribue à la réalisation de petits chefs d’œuvres tels que :

  • Superman : For All Season,
  • Batman Haunted Knights
  • Daredevil : Yellow
  • Hulk Gray.

Regroupés sous la forme d’une saga de treize chapitres, Urban Comics nous a gratifié d’une édition des plus sobre, mais probablement l’une des plus percutentes des ouvrages jusque la sortis. Intégralement noir, seuls les yeux du Batman ressortant sur la première de couverture, comme un présage à la sombre histoire que contiennent les pages du livre. Outre Atlantique, ce sont un à un que sont sortis les chapitres regroupés dans « Un Long Halloween », à chaque numéro, une pièce du puzzle, un échelon de gravit dans l’escalade du polar et de cette violence feutrée mais omniprésente qui anime tout le scénario de cette saga. Point important avant de commencer la review d’Un Long Halloween, nous ne feront ici que peu étalage du style scénaristique ainsi que du dessin présenté dans cet album. Nombre d’amis et de fans se sont donnés à cœur joie d’analyser dans les moindres détails la richesse que nous offrent LOEB/SALE, tant dans la profondeur de ce polar que dans le dessin quasi-glacial de Tim SALE. Essayons donc de créer une différence en abordant plus particulièrement les aspects psychologiques évoqués tout au long de l’histoire. Quelle implication chaque personnage importe dans cette fresque nocturne qu’est Gotham City. Mais, avant de passer à l’analyse complète, attardons nous sur la présentation du comic.

Synopsis

Couverture de Batman - Un Long Halloween
Couverture de Batman – Un Long Halloween

Comme Urban Comics aime prendre soin de ses lecteurs, nous pouvons nous préparer à l’histoire via une interview donnée probablement par deux des plus grands fans du Chevalier Noir, à savoir : Christopher Nolan ( qui , je crois , n’est plus à présenter ) et David S. Goyer ( scénariste emblématique de la trilogie et de Man of Steel). Pour résumer cette (riche) interview, les deux hommes évoquent l’influence qu’a eu le scénario d’Un Long Halloween sur « The Dark Knight ». En effet, l’apogée à la chute d’Harvey Dent fut l’un des sujets les plus difficiles à aborder dans ce film : Comment satisfaire tout les fans ? Comment rester fidèle à l’histoire de Double Face sans omettre la corruption de l’esprit idéaliste de Dent ? Comment fidèlement mélanger le polar au grand spectacle ? Tout autant de questions qu’ont abordé ces deux hommes dans la réalisation du long métrage. La seule réponse globale à toutes ces questions fut probablement la réponse de Christopher Nolan :

Tout les fans verront l’influence qu’a eu « Un Long Halloween » sur l’ensemble de la trilogie.

Pour ce qui est du synopsis :

Quelques mois après sa première victoire contre l’empire du crime qui phagocyte Gotham, le vigilant Batman enquête sur une série de meurtres perpétrés uniquement lors des fêtes. Travaillant en parallèle, avec le jeune procureur Harvey Dent et le capitaine James Gordon, le Chevalier Noir engage alors une course contre le calendrier morbide qui égrène chaque mois une victime supplémentaire. Une enquête dont la conclusion pourrait bien sonner la chute du plus grand espoir de Gotham et la naissance de l’une de ses pires créatures…

D’un avis très personnel, à la lecture de ce synopsis, je n’ai eu qu’une seule envie : lire, tout, d’une traite pour connaitre l’histoire d’un homme qui croyait en l’Ordre et qui finalement fut consummé par le chaos. Je savais pertinemment que l’histoire ne se concentrerait pas sur Bruce Wayne et Batman, mais bien sur l’un des plus grands, des plus fous vilains de Gotham : Double Face.

Critique et Analyse :

Le Contexte : La bataille des Familles

Batman Un Long Halloween Gentlemen
Batman en impose dans Un Long Halloween

Premier constat avant même l’arrivée de l’intrigue : Gotham est déchirée, blessée à mort. Et sur ce champ de ruines se battent deux familles : Les Falcone et les Maroni. Se dresse alors la complexité d’un affrontement multi générationnel entre deux familles ayant la même activité, le même but… mais pas le même nom. A la tête de la première famille, Carmine Falcone, chef emblématique et charismatique de la famille la plus puissante de Gotham. Et là ou les Falcone excellent, c’est bien dans la dissimulation d’activités illicites via un réseau d’affaires, d’immobilier et d’entreprises par tout Gotham. En face se trouve la famille Maroni, dont Sal Maroni dit « Le Boss » reste son principal concurrent ; jeune, impétueux, violent, Sal doit prouver à l’ensemble de la famille sa légitimité en faisant tomber le clan Falcone. Et, première constatation, c’est celle du contexte, ou le trio Dent/Batman/Gordon vont évoluer : Une Gotham corrompue à la base par les truands et les familles mafieuses. Va suivre alors la problématique majeure de l’ouvrage : Comment lutter contre un empire fait d’ombre lorsque l’on est trois hommes ? Car notons le, c’est bel et bien un combat manichéen du bien et du mal qui est traité le long de l’histoire. Et du seul fait accompli devant Holiday ; bons ou mauvais, les personnages sont traités de la même manière face à la folie du tueur en série. Arrêtons-nous quelques instants sur Carmine Falcone (qui est l’un des personnages les plus profonds du scénario). D’un avis subjectif, je pense que Falcone transcende l’image du personnage mafieux de base ; grand stratège, charismatique, violent, diplomate… Tout à l’inverse se Sal Maroni, beaucoup plus ambitieux. Falcone père cherche purement et simplement la prospérité de sa famille, en attendant la fin, coûte que coûte.

Un Long Halloween : Modernisation de la tragédie grecque

Ce court paragraphe ne s’adressera qu’aux personnes ayant lu l’histoire complète. Si l’on se réfère au règles de la tragédie grecque de base, nous avons :

  • L’unité de temps
  • L’unité de lieu
  • L’unité d’action

Ce qui donne, en fait concret sur le comic étudié :

  • L’unité de temps : une année révolue
  • L’unité de lieu : Gotham City
  • L’unité d’action : la gloire et la chute de Dent (pas d’histoires principales entremêlées)

Ce raisonnement peut paraître quelque peu poussif, mais, pour des auteurs comme Loeb et Sale, nul doute que ces règles ont pu servir de ligne directrice ; des forces obscure, des héros, une fin tragique…

Le Pacte : une trinité fragile

3 hommes pour sauver Gotham
3 hommes pour sauver Gotham

Un toit d’immeuble, c’est la scène froide , nocturne et abrupte que va se conclure l’un des événements le plus chargé d’espoir pour Gotham. Une trinité de héros réuni sous le même pacte et la même idée. Comment sauver Gotham City des personnes qui la dirige et qui la ronge ? Trois protagonistes : Dent, Batman, et Gordon, trois situations différentes. Nous connaissons tous Batman, Bruce Wayne, choqué alors enfant par la mort de ses parents. Traumatisé par la perte de deux valeurs principales de repères. Et c’est de ce choc à la fois psychologique et déterminant que le Batman va apparaitre. Monstre gardien de la ville de Gotham, alors que cette ville est elle-même responsable de la mort de Thomas et Martha Wayne, Batman va alors utiliser l’arme principale de ses ennemis : la peur. Mais, Batman, n’est qu’un homme, soumis à ses démons intérieurs et souvent mis à l’épreuve par le génie du mal des malfaiteurs affrontés. Et va alors se poser l’ultime question personnifiée par le Joker : Où se situe la limite entre la loi et le Crime. Ce qui nous amène à la contrainte que toutes les compétences du plus Grand Détective du Monde ne peut faire face ; il ne peut qu’arrêter les malfaiteurs mais ne peut ni les juger, ni les punir. Cette récurrence insolvable va trouver sa réponse dans le serment prêté par les deux seuls « amis » que Batman possède, Gordon et Dent. Le lieutenant Gordon, policier hors-pair, fervent défenseur de ce qui reste de bon en Gotham est quant à la lui, la seconde partie de la trinité instaurée par les défenseurs de la ville. Et, nous pouvons l’avancer, Gordon est probablement l’allié de Batman le plus dévoué de tout le Bat-verse ; sacrifice de sa vie de famille, handicap de sa fille Barbara, le sombre secret de son fils , les mariages ratés… Tant de concessions pour un seul idéal : sauver Gotham de ses propres démons, dans un appareil judiciaire lui-même corrompu aux racines. Ca sera d’ailleurs lui qui lancera l’idée d’un pacte entre ces différentes forces que sont : le combat, la justice et le jugement. Gordon, redonnera ses lettres de noblesses à un statut prépondérant au sein de l’histoire : celui du second rôle, celui du spectateur. Car, bien qu’apparaissant de manière récurrente tout au long du livre, Gordon n’a pas le rôle prépondérant d’Un Long Halloween. Mais il sera celui qui verra la naissance et la mort de l’idée d’un Gotham meilleur. Tout aussi bien qu’il verra l’apogée d’Harvey Dent ainsi que son auto-destruction. Il sera la mémoire vivante de l’une des seules tentatives du Chevalier Noir à s’ouvrir à la collaboration (hormis Robin) avec d’autres partis. Enfin, malgré le tragique de l’histoire, Gordon sera le seul « phare » au milieu de la nuit de Gotham, sa dernière phrase au sein de l’œuvre sera : « Je crois en Gotham City« . Enfin, parlons d’Harvey Dent, une chronique entière pourrait lui être réservée, nous essaierons d’être concis. Harvey Dent, marié à Gilda, sa femme dévouée, est jeune, beau, impétueux, et surtout, déterminé. Déterminé à faire tomber le crime, de détruire l’empire fondé par les deux familles mafieuses Maroni et Falcone. Or, son arrivée (et ses méthodes) sont vues d’un très mauvais œil, quelques fois à la limite de la loi (fouilles de voitures, espionnages…). Au départ ignoré, Dent sera la cible de tout cet empire en s’en prenant aux familles Falcone et Maroni. Et, premier signe d’une discordance intérieure, plus la tension sera forte, et plus Dent sera déterminé à mener sa bataille contre le crime. Or, Un Long Halloween est une histoire d’hommes, fragiles, en proie à leurs démons, que cela soit Batman, Dent, ou Gordon, chaque personnage possède sont propre point de rupture. Et nous connaissons tous celui d’Harvey Dent.

L’affaire Holiday : trame principale

N’omettons pas que Un Long Halloween reste une enquête policière sur une série de meurtres perpétués par un mystérieux tueur en série appellé Holiday. Son nom venant du fait que chaque crime se déroule à chaque fête importante de l’année (Noel, St Patrick, Halloween). Outre le fait que l’identité du tueur reste véritablement inconnue jusqu’aux dernières pages de l’ouvrage. Il se trouve que l’enquête va constituer une trame, un tronc commun à tous les raisonnements psychologiques des personnages : schizophrénie de Dent, troubles de Batman, lassitude de Gordon, déchirement des deux familles. Ici, pas de spoilers pour les néophytes, mais la violence tirée des dessins des meurtres, la manière à la fois sanglante et précise de chaque scène montre bel et bien que la folie est reine à Gotham. Chaque scène de crime y est dépeinte comme un tableau, une œuvre contemporaine où la mort plane sous le nom d’Holiday. Nous pouvons avancer le fait qu’Holiday soit dépeint comme un autre produit de Gotham City. En effet, agissant aléatoirement dans les deux camps, la plupart du temps la nuit, de manière froide et violente, tous ces éléments sont alors réunis pour personnifier ce contre quoi se battent Batman et ses acolytes.

Batman n'est pas là pour rigoler !
Batman n’est pas là pour rigoler !

Autre fait notable, la présence de Calendar Man et l’importance de son apparition, celle d’un consultant de ses propres crimes. En effet, ce vilain, de faible importance dans le Bat-verse va prendre le rôle d’un véritable Hannibal Lecter au sein d’Un Long Halloween. De part la méthodologie des crimes pratiqués, très similaires aux siens, Batman va utiliser Calendar Man comme un profiler, se mettant à la place d’Holiday. Autour de ses trois brèves mais fortes apparitions, Julian Day balancera entre jalousie et admiration vis-à-vis des crimes perpétrés par son confrère. A tel point que ce dernier ira même jusqu’à proposer à Batman de traquer le tueur sous condition de sa liberté, chose que Batman refusera. Une fois de plus, le rôle du spectateur sera mis en avant au travers de ce personnage. En effet, L’Almanach ne prendra part en rien dans l’histoire, ne commettra aucune action déterminante, et pourtant, constituera encore (avec Gordon) un témoin de cette affaire sordide qu’est l’affaire Holiday.

La dualité de Dent

Partons d’un principe : Harvey Dent possédait déjà en lui Double Face avant même sa mutilation. Loeb/Sale font apparaître, tout au long du scénario, cette tendance, cette envie de transcender la loi et les bonnes mœurs face à l’impuissance que le système a à condamner la pègre de Gotham. Cette tension sera de plus en plus palpable d’un premier côté par l’agressivité de Dent envers sa femme Gilda. Plus ce dernier se rapproche de son objectif et plus il sombrera corps et âme, à la folie qui le ronge. Au départ catalysé par le pacte fondé par Gordon et Batman, celle-ci arrive à son apogée dans les dernières pages du livre, lors de sa confrontation face à Sal Maroni lors de l’audience de ce dernier. En une seule image, les auteurs auront su résumer la folie de Dent poussé à son paroxysme : son œil, transformé en puits de rage, de colère et de destruction : Double Face est né. Nous pouvons, par la suite, voir que cette mutilation sera la part visible du sombre esprit abrité par Harvey Dent ; laide, répugnante, ultra-violente. De plus, peu de temps après son agression Dent se retrouvera littéralement « plus bas que terre », dans la fange de Gotham avec ses monstres, SON monstre: Salomon Grundy (nous y reviendront un peu plus bas). L’importance de cette renaissance sera primordiale à la constitution du personnage de Double Face, parfait mélange entre ce que Gotham a de meilleur mais également de pire. D’un point de vue pûrement psychologique, Dent pourrait être comparé au mythe de Janus : dieu au deux visages, l’un ouvrant les portes du jour, l’autre ouvrant celles de la nuit. Ces deux faces antithétiques mais coexistentes, sont l’essence même du conflit entre le Chaos et l’Ordre. Dualité complexe mais représentée par une simple pièce de monnaie, rappelons que Janus est également le dieu des Choix, Dent n’aura que pour seul ligne de conduite la cécité de la Justice, car elle-même régie le Chaos et l’Ordre. Cette dualité est également synonyme de perte de foi : Dent se battant pour les citoyens de Gotham opprimés, il perd alors toute compassion et met sur le même piédestal bandits et innocents, tous régis face au même système de décision : sa pièce. À la fois monstre et juge de Gotham, Double Face prendra part à la bande (précaires) de vilains formés par le Joker pour ensuite partir affronter seul ses propres démons. Alors, Harvey Dent est-il véritablement un vilain classique ? Pour ma part, la réponse est non, car, son objectif étant réalisé, Dent se soumettra alors à la justice. Par simple respect de ses propres principes. Passage, d’un avis purement subjectif, le plus déterminant dans tout le livre, Gordon se posera alors la question : « Si vous me demandez si les bons ont gagné, la réponse est oui Batman. Mais il faudra longtemps avant de savoir si ça en valait réellement la peine… ». Cette phrase aura alors résumé la tragédie traitée en début de critique : À quel prix peut-on faire tomber un empire ? Dent y apportera alors sa réponse : son âme, son corps et sa raison. Enfin, au terme de cette histoire, nous serions en droit de nous demander si le pacte des trois protagonistes aura eu pour finalité de rendre Gotham meilleure. Car, là-encore, un terme y est très sérieusement traité : celui de l’espoir. Même Batman a failli le perdre en même temps que la perte de son meilleur ami, du souvenir également douloureux de la mort de ses parents que la fête des mères et la fête des pères lui auront fait rappeler. À quelques instant de commettre l’irréparable, le lieutenant Gordon sera une fois de plus présent pour soutenir le Chevalier Noir face à son défi perpétuel, à savoir continuer de se battre pour l’espoir quand tout s’effondre. Tout s’effondre, y compris le pacte passé entre les trois héros, sur les toits de l’immeuble de la police. Harvey Dent étant (à moitié) mort, le pacte de justice n’a alors plus de valeur au vu des meurtres commis par Double Face. Ce dernier ayant renié tout ce en quoi le Batman et Gordon croyaient, ils se retrouvèrent au même endroit, sur le toit de l’immeuble de police de Gotham City à détruire ce dont ils se sont évertués à bâtir : une spirale vertueuse pour les bienfaits de Gotham. « Je crois en Gotham City« , première phrase ouvrant Un Long Halloween, trouvera sa redondance à la toute fin, dans la phrase ultime prononcée par Gilda Dent, la femme de Double Face. À la fois déterminante, et lourde de sens, j’ai eu pour ma part un sentiment de désarroi à la fermeture du livre : « Je crois en Harvey Dent« .

Et les vilains dans tout ca ?

Les vilains sont bien présents
Les vilains sont bien présents

Nous ne pouvons pas clore cette analyse sans parler d’un pan déterminant de l’histoire d’Un long Halloween : les vilains classiques de Gotham. Accordant une grande importance au second rôle, l’ouvrage saura exploiter au maximum l’identité à la fois visuelle et psychologique de Catwoman, Poison Ivy, Le Joker et Salomon Grundy.

Le vert émeraude, c’est la couleur apportée par la séduisante Poison Ivy, qui représentera un aspect inhérent à la personne de Batman : la tentation. Apparaissant lors de la Saint Patrick, Ivy va alors attraper le personnage de Bruce Wayne dans ses filets pour mieux le détourner de son objectif. Complètement subjugué, Wayne succombera aux charmes de l’Empoisonneuse. Au départ quelque peu secondaire au vu de l’histoire, cet hypnotisme pratiqué par Poison Ivy va alors représenter le manque présent de la vie de Bruce Wayne : celui d’une mère, celui d’une femme.

Un Long Halloween - Catwoman
Un Long Halloween – Catwoman

Autre femme de la vie de Batman, et pas des moindres, Catwoman va également s’imposer comme une tentation du Chevalier Noir. S’adonnant au jeu du chat et de la souris au cours des nombreuses filatures, Catwoman verra le jeu là où Batman voit le drame. Là où Batman gardera un cap de bonne conduite, juste et droit, Selina Kyle osciellera entre le bien (en sauvant Wayne des filets de Poison Ivy) et le mal (en rejoignant la bande fondée par le Joker à la fin de l’histoire). Sculptée, musclée, et athlétique, Catwoman présentera tous les atouts à la fois sombres et mystérieux qu’aura présenté Tim Burton, alliant à la fois la séduction de Batman et l’attrait porté à la violence, au combat et au vol. Enfin, autre couleur majeure représentant la femme-chat, le violet sera de mise tout à long du scenario. Par la suite, un autre vilain, beaucoup moins sensuel que les deux précédentes, et beaucoup moins présent dans l’histoire. Salomon Grundy « une âme perdue de Gotham City« , rencontre Batman au terme d’une course poursuite avec un malfrat dans les rues de la ville. Ce dernier, va alors s’adonner à un combat d’une violence rare et sourde. Un peu à l’image de Gotham, de plus, pour pousser la comparaison un peu plus loin, la première rencontre que fera Harvey Dent en tant que Double Face sera celle avec Salomon Grundy… dans les égouts. L’image d’un homme déchu qui rencontre la mort en personne pour renaître de la boue est d’autant plus forte que le monstre n’est même pas violent avec Dent, ayant peut-être trouvé un de ses semblables… Je garde le meilleur pour la fin…

Le Joker dans Un Long Halloween
Le Joker dans Un Long Halloween

Tout de violet vêtu et débutant par une magnifique pleine page du Clown pour sa première apparition, le Joker va ici jouer un rôle, celui de prédilection, celui du fou dans l’échiquier qu’est l’affaire Holiday. Tout comme Ivy, ou Grundy, le Joker va jouer un second rôle développé dans l’enquête du Chevalier Noir. Il désire à tout prix savoir qui est Holiday car, il ne peut y avoir qu’un seul tueur fou dans la ville de Gotham, le Prince du Crime y voyant de la concurrence, ne peut que s’enquérir de la personne se cachant sous ces meurtres. Là encore, il allie la folie, la violence et la perversion à la manière du Joker de la série animée tout en étant encore une fois spectateur de la tragédie (qu’il apprécie grandement) se jouant dans les rues de la ville.

Conclusion

Probablement l’une de mes œuvres préférées concernant l’histoire du Chevalier Noir, et ayant servi de soutien pour la constitution des films de la trilogie de Nolan. Un Long Halloween présente plusieurs richesses :

  • un dessin travaillé, sombre, épuré, mais à la fois lourd de sens
  • une histoire développée, travaillée de manière précise
  • une balance entre rôles principaux et rôles secondaires équilibrés
  • des aspects psychologiques et symboliques abordés de manière complète

De plus, et ce n’est encore une fois que mon humble avis, j’au pu lire cet ouvrage en transcendant le monde de la bande dessinée. Au-delà de simples bulles et de dessins, c’est une histoire d’anthologie qui a été relatée par des œuvres, à chaque page, qui se chargent de vous transmettre cette intensité mais également ce froid mordant et sombre qu’est l’univers de Gotham et de Batman. Enfin, morale principale de l’histoire : toute chose a un prix, et exige un sacrifice, ainsi va la loi de Gotham, pour les bons comme pour les mauvais. Et si l’on ne devait pas croire en Gotham City mais en ses habitants ? …

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Votre bat auteur

Passionné par les aspects psychologiques soulevés par les œuvres concernant le Chevalier Noir , lecteur acharné des comics VF de chez Urban.

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