Interview : une pièce de théâtre improvisée sur les super-héros à Paris

Publié le 11 juin 2018 par

Du 28 juin au 28 juillet, une bande de super-héros hors du commun seront sur les planches à Paris pour sauver le monde et vous faire rire aussi !

La bande de Smoking Sofa signe une co-réalisation avec la Folie Théâtre pour son spectacle unique et atypique : l’Agence Pour La Défense du Monde.

Mais qui est Smoking Sofa ? C’est une entreprise parisienne d’improvisation composée de talentueux comédiens expérimentés dans l’art de l’improvisation pour éveiller en vous émotions en tout genres !

Agence Pour La Défense du Monde
Agence Pour La Défense du Monde

Quant à l’Agence Pour La Défense du Monde c’est LE spectacle de super-héros que vous attendez. Un spectacle improvisé d’une heure dont chaque représentation dévoilera une chronique unique et différente. L’art de l’improvisation au service des super-héros, on adore ! L’idée est de présenter un super-héros membre d’une agence secrète pour maintenir paix et justice dans le monde. Le public sera le créateur et les comédiens traduiront les envies de ce dernier. Vous aurez comme responsabilité de choisir : son nom, son super-pouvoir et son identité civile.

Quatre comédiens, un public et un spectacle improvisé qui s’annonce déjà fantastique par la qualité des interprètes : Guillaume Boit, Muriel Ekovich, Pauline Calme, Jonathan Chaboissier, Garabed Fakrajian, Sophie Brossard, Meng Wang et Romain Sidobre.  Ces personnes aussi généreuses dans la vie que sur scène veilleront à vous présenter le héros le plus super qui soit !

Pour que vous en sachiez plus, voici  l’interview avec quatre des comédiens réalisé au Comics Corner !

1) Qui est l’Agence Pour La Défense du Monde ?

Pauline : C’est un spectacle sur mesure qui a été créé par Smoking Sofa et le Dernier Bar avant la fin du monde. L’idée est de proposer un spectacle improvisé qui s’inscrit dans l’univers de ce bar. Dans l’équipe Smoking Sofa, Jean Marc Guillaume et Guillaume Boit ont pensé au genre super héros. On a joué une fois par mois au Dernier Bar, voilà d’où est venu ce projet.

2) Quel est le parcours de chacun ?

Meng : J’ai commencé l’improvisation en 2009, c’est une passion depuis 9 ans! Chaque année, je fais de plus en plus d’impro et  aujourd’hui je donne plusieurs cours. On est tous formateurs d’improvisation.

Romain : Moi ça fait 12 ans que je fais de l’improvisation. J’ai été à l’école française d’improvisation théâtrale à Paris et depuis trois ans je travaille de plus en plus avec l’équipe de Smoking Sofa. Cette année je fais partie de la distribution, et avant j’étais dans des spectacles qu’on dit « shortform ». Des sketchs qui s’enchaînent de deux à dix minutes. Là on est sur de la longue forme avec l’Agence Pour La Défense du Monde. Du coup, ce n’est pas du tout le même mécanisme, le même format. J’ai jamais fait de théâtre, j’ai toujours fait de l’improvisation mais sinon je suis ingénieur chez Orange, double identité comme les super-héros !

Pauline : J’ai commencé le théâtre il y a 12 ans, j’ai travaillé dans des clubs théâtre en amateur et ensuite je suis montée à Paris pour mon boulot en tant qu’ingénieur en informatique en post production ( une double identité aussi ! ). J’ai commencé l’improvisation à Paris il y a 7 ans, sous forme courte et en 2013, j’ai rejoint la troupe de Smoking Sofa. J’ai arrêté mon travail pour suivre une formation de deux ans en tant que comédien professionnel. Maintenant je suis comédienne à temps plein !

Jonathan : J’ai démarré l’improvisation et le théâtre lorsque j’étais en école d’ingénieurie il y a 13 ans (oui encore !).  J’ai toujours fait un peu des deux. J’ai commencé par des matches d’improvisation puis j’ai rejoint une troupe où l’on faisait des formats cabarets pour rejoindre Smoking Sofa il y a deux ans.

3) Quelle est la plus value du théâtre improvisé ?

Jonathan : Je pense que c’est hyper vivant, tu peux y retourner tous les soirs, ça sera toujours une histoire différente. Il y a énormément d’interactions, soit parce qu’il y a de la communication avec le public, soit parce que le public assiste à nos moments de galères parfois où on sait pas trop où on va !

Pauline : Je dirais deux mots : divertissant et inspirant. Divertissant parce que tu te marres obligatoirement, que ça soit nous ou le public. Les gens viennent pour se détendre. Inspirant, puisque pour les gens on prend des risques inconsidérés à monter sur scène sans savoir ce qui va se passer.

Jonathan : J’ai en tête une citation de Keith Johnstone, un grand improvisateur, et il disait que l’impro c’est une bande de potes qui se marrent à pas savoir ce qu’ils vont faire et s’amuser aussi bien qu’en ça réussit que quand ça foire. Ça transmet une énorme énergie de bonheur aux gens. Par rapport à une pièce de théâtre, tu dis : « j’ai vu des mecs ils étaient trop cons on s’est trop marré avec eux » alors qu’une pièce de théâtre écrit tu te dis « j’ai vu une belle pièce », c’est différent.

Meng : Pour moi c’est la complicité entre le public et l’acteur. Quand tu vas au théâtre à texte, tu es plus attaché à l’histoire et à la scène, alors qu’en improvisation tu vois l’acteur derrière, tu vois son visage, sa vérité. Il y a aussi la notion de danger, nos proches nous disent souvent qu’ils ont peur pour nous et quand on réussit ça a un côté exaltant pour eux.

4) Quelle est la première difficulté de l’improvisation?

Meng : Selon ce que je pense et selon Keith Johnstone, pour le citer encore, le truc qui te fait flipper c’est la peur. Si tu t’en débarrasse, tu te sentiras bien. Si tu te dévoiles vraiment et que tu fais vraiment ce que t’as envie de faire tout se passera bien.

Romain : On a toujours le trac, mais on le gère. Ce que je vois dans la troupe, c’est que l’on est de plus en plus en connexion, et cette peur les autres la ressentent aussi. On est plus fort ensemble. En improvisation, on n’est jamais seuls, c’est un sport d’équipe. Mon vrai plaisir, c’est que l’équipe est là pour nous aider et nous transcender, même si on n’est seul sur scène.  On va plus loin ensemble et on emporte le public  avec nous, on rigole pas tout seul, on partage avec le public et nos partenaires.

Pauline : La peur je la ressens plus trop. Je la ressens lors d’un festival quand tout le monde connait le nom de ta troupe, ça met de la pression. Mais la grande difficulté c’est d’être dans le présent. Tu ne peux pas rentrer avec une idée et te dire :  » mais j’ai raison il faut faire ça ». Et en fait, tu fais le deuil de tes idées et tu rentres sur scène avec rien, tu es juste dans l’instant présent. Et ça tu le travailles quotidiennement.

Meng : Il y a aussi un côté grisant du public, quand il regarde des gens créer quelque chose ensemble. Pour moi, c’est comme si tu voyais la BD se construire devant toi avant son rendu final et ça a un côté exaltant.

5) Quelle est le rôle du public dans le théâtre improvisé ?

Jonathan : Dans notre spectacle, on l’accueille, on leur fait comprendre qu’on va leur demander des questions et que ça sera interactif et on s’attend à ce qu’il réponde. En général, sans public, il n’y a pas de théâtre, il n’y a pas d’improvisation. Ce qui donne de l’enjeu et de l’énergie, c’est penser que des gens se sont déplacés pour nous.

Meng : Pour un autre comparatif, le public d’un match de foot va avoir un impact sur les joueurs, c’est évident. Et nous, le fait que le public soit juste là, juste entendre le souffle, les réactions, les rires, les silences ; c’est très important.

6) Qu’est-ce qu’un super héros pour vous ?

Jonathan : Dans notre spectacle on parle des trois piliers du super héros : la double vie, des scènes d’actions et le dernier est la question « Qu’est-ce qu’un super héros ? ». Chaque soir, comme ça sera une nouvelle histoire improvisée, ça sera une réponse différente à la question. Un soir on verra par exemple une mère de famille à la maison qui gère ses enfants et à la fois Aquagirl qui éteint les incendies, il y a plusieurs genres de super-héros.

Pauline : Si moi je détourne ta question en disant : « Qu’est ce que c’est d’être un super-héros », nous dans le spectacle on travaille sur ce qui se passe quand tu es super-héros. Par exemple tu as une double vie, tu caches ton « identité super » comme on aime dire, et nous on s’entraîne à avoir des doubles vies. Potentiellement, il a des super pouvoir et nous on travaille aussi comment on représente les pouvoirs sur scène. Comment se battre comment on va recevoir des coups. On essaye de penser à quoi l’on va être confronté.

Jonathan : Et sinon hormis notre spectacle, le super-héros,en général, c’est le sens du sacrifice pour le collectif.

Romain : Le super-héros, ce sont des valeurs très fortes, il voit le monde à travers ces valeurs là. Pour moi être super héros ou super vilain ça a un point commun : le terme super amplifie certaines choses. Le super héros est lui du bon côté et le super vilain comme Thanos, avec un point de vue légitime appliqué à la manière super vilain. La frontière entre super héros et super vilain est la même chose que bon et mauvais. On a la caricature de Superman super bon mais il peut être très bon dans le costume et moins dans la vie civile. Nous, on aime travailler sur les super héros qui ont une faille, comme Batman. Il a des valeurs très fortes mais il a décide de faire peur, et des fois il est à la limite ! Nous on cherche toujours à travailler la complexité du super-héros.

Meng : Pour lier tout ça à l’improvisation, nous on étudie beaucoup les techniques de story telling. On voit que toutes les histoires de super héros sont liées aux voyages ,qui vient de mythes anciens. Par exemple, Hercule est un super héros pour les grecs. Dans les techniques de narration, on choisit de faire des choix moraux aux super héros, on travaille le héros en profondeur. Une autre chose, un héros doit surmonter des difficultés, il faut qu’il souffre, et en surmontant tout ça on le fait exister en tant que héros.

Pauline : Moi j’ai impression que j’ai besoin de voir quelqu’un qui est dans la merde et qui va s’en sortir. Toi dans ta vie de normale, quand tu vois que le héros perd un oeil, un bras que tout semble perdu ( référence à Thor dans Infinity War ! ), si lui peut le faire moi aussi je peux le faire.

Meng : C’est typiquement un truc de héros, la renaissance !

7) Dites moi votre héros préféré ?

Jonathan : Moi c’est Batman, ça toujours été depuis que je suis enfant. Depuis surtout les jeux vidéos ! Plus récemment, dans le Marvel Cinematic Universe, j’adore Tom Holland l’acteur qui joue le nouveau Spider Man !

Meng : Il y en a plein que j’adore, Batman est l’un de mes préférés. J’adore aussi Watchmen. Mais le plus intéressant est que tous les héros ont des BD ou films, où ils sont géniaux et d’autres moins. Par exemple, George Clooney dans Batman et Robin, c’est limite ! 🙂

Pauline : Moi j’ai plus une culture des films que des comics. Je me rend compte qu’il y a deux catégories : les super héros que j’admire et les super héros que je voudrais être. Moi je suis amoureuse de Hulk ! Je pense que c’est son côté bestiale et brut ! Je le trouve très touchant, sincère. Celle que je voudrais être, c’est Squirrel Girl ou Ecureillette. Personne l’a prend au sérieux, son pouvoir étant de se faire écouter par les écureuils et je trouve ça génial !

Romain : Moi c’est Batman aussi ! J’ai eu une révélation à travers  un comics : Arkham Asylum. Je me suis rendu compte qu’un comics pouvait être un roman graphique. Cette BD m’a redonné envie de relire des comics Batman, de même que pour les indépendants. Les méchants de Batman, j’adore aussi ! Comme le Riddler de la série Gotham. Je me souviens lors d’un atelier je m’étais dit que nous aussi nous sommes des super-héros, comme Batman, on met une cape, un masque. Je m’identifie beaucoup plus à lui.

8) Puisqu’on est sur Batman Legend, un mot sur Batman qu’en pensez vous ?

Jonathan : Moi j’ai vu tous les films. Mes plus vieux souvenirs ce sont les films avec les onomatopées, j’adore. Quand j’étais petit, mes grands-parents étaient couturiers, et ils me faisaient des costumes, et j’en avais eu un de Batman. Je me promenais en Batman dans mon jardin ! Quand j’étais plus petit, c’était tellement une inspiration que je voulais être super héros quand je serais plus grand. Comme lui. En grandissant je me suis rendu compte que je réussirais mieux en étant ingénieur que en cassant des gueules la nuit dans les rues. Récemment, dans le jeu vidéo Batman Arkham City, ce qui m’a marqué, c’est la mort du Joker et la tristesse du Batman. Et dans le Batman Arkham Knight, le Joker est présent constamment dans sa tête, c’est trop bien !

Pauline : Moi je me rends compte que je regardais la série animée à la télé ! Après j’ai vu les films, sans lire les comics. Ce qui m’a plus marqué c’est la relation entre le Joker et Batman. Une relation psychologiquement forte, une névrose parfaite où les psychologues doivent se délecter de ce duo !

Meng : J’ai grandi en Chine et Batman n’existait pas. Il n’y avait pas la série animée, dans les années 80, dans une Chine communiste c’était plutôt fermé. A l’époque, j’ai lu un magazine de jeux vidéo, et il décrivait un ancien jeu vidéo Batman ! Après j’ai regardé les films, et les premiers comics qui m’ont marqué ce sont : Batman Year One, Batman Dark Night Returns, et Un Long Halloween. Par contre, il y a un classique que je n’ai pas apprécié c’est The Killing Joke. Il y a rien qui m’a marqué avec une fin très ouverte… Je suis très très fan d’Alan Moore et de Batman, je trouve que c’est pas le meilleur que l’on peut attendre des deux.

Romain : Moi c’est la fin que je trouve perturbante, mais qui laisse un suspens énorme. Ca me rappelle la même fin que le Batman de Nolan où le Joker est pendu et dit « J’ai gagné », je pense que ça peut faire répétition avec The Killing Joke !

Meng : Je reviens sur Batman mais je pense que c’est la licence de comics qui a les meilleurs jeux vidéo en général !  Même les plus anciens, j’en garde un très bon souvenir. Comme les séries animées d’ailleurs !

Romain : Pour moi, comme je l’ai dit plus haut, Arkham Asylum m’a fait revenir vers Batman, puis Un Long Halloween avec son histoire et son dessin qui m’a marqué. Là, je lis le Récit Complet Batman #6, je suis moins fan des dessins old school mais l’histoire est captivante. Dans la première histoire Batman est accusé de meurtre, et la deuxième histoire l’on voit l’impact de sa vie civile sur sa vie héros, c’est justement ce que l’on veut montrer dans le spectacle !

9 ) Dernière question, pouvez-vous m’improviser une scène made in Batman ?

Moi : Vous auriez vu leur tête, je les ai un peu pris au dépourvu, l’un des comédiens m’a alors demandé de lui dire un mot pour les lancer. J’ai alors répondu bonbon et voici ce qu’ils m’ont improvisé ! A réécouter sans modération en cliquant sur le lecteur ci-dessous :

 

Informations utiles : 

Lien vers l’évènement FB

Du 28 juin au 28 juillet 2018

mercredi et vendredi à 19h30 / jeudi et samedi à 21h

Folie Théâtre – 6 rue de la Folie Méricourt – 75011 – 01 43 55 14 80

Métro Saint Ambroise

On reste connecté ? 🙂
Retrouvez-nous sur Facebook, Twitter et Instagram.

Votre bat auteur

Salut ! C'est Alexandra, 24 ans, passionnée par le cinéma, la musique, le sport et bien sûr les comics. Bon Batman c'est un peu ma vie alors autant que je partage avec vous ! Grosse lectrice et amatrice de cinéma attendez vous à beaucoup de reviews et de critiques !

Voir la suite...

Laissez-nous
votre avis !