Focus #1 : Alfred Pennyworth

Les rédacteurs et rédactrices de Batman Legend commencent un travail de fond sur les personnages de l’univers de Batman. Envie d’en savoir plus sur l’Épouvantail, ou de découvrir les origines de la séduisante Catwoman ? Vous souhaitez tout connaître sur les Robins successifs ? À force d’un travail de longue haleine, nous vous présenterons tout (ou presque…) sur vos personnages favoris !

On commence par Alfred, ou plus précisément Alfred Thaddeus Crane Pennyworth, qui est l’une des figures les plus connues de l’univers de Batman. Mais si « Batman et Robin » est un duo célèbre, on ne parle jamais de « Batman et Alfred » : ce dernier est une sorte d’éminence grise du chevalier noir. Alors que la plupart des films consacrés au gardien de Gotham omettent la présence de son Robin éclatant, pas un n’a osé mettre de côté le majordome. Pourquoi ? Qu’est-ce qui fait la particularité d’Alfred Pennyworth, le rendant si attachant et si indispensable ?

Aux origines d’un majordome exceptionnel

Imagine-t-on, donc, que Batman ait pu vivre sans Alfred ? Non ? Et pourtant, son majordome apparaît tardivement dans les comics : bien après Robin, le Joker, le Pingouin, Double-face ou encore Catwoman ! Il est créé par Jerry Robinson, Don Cameron et Bob Kane en avril-mai 1943, dans Batman #16, soit exactement 4 ans après l’apparition du Chevalier noir ! En effet, ce dernier est bien sombre et violent, alors que la lecture de comics est destinée aux enfants. Robin apporte certes de la légèreté, mais ne compense pas le sérieux qui caractérise le personnage.

Alfred Beagle devinet le majordome de Bruce Wayne

La 1ère apparition d’Alfred dans Batman #16

Alfred est donc un concentré d’humour et de maladresse comme les aiment les Américains. C’est un Anglais, ce qui apporte une touche d’authenticité et d’exotisme. Quelque peu enveloppé (oui, croyez-le !), il veut faire ce qu’il peut pour aider son « maître », mais court souvent à la catastrophe. Par ailleurs, comment donc un richissime homme d’affaires sans famille, qui passe le plus clair de son temps à poursuivre des criminels, peut-il vivre sans personnel de maison ? L’arrivée d’Alfred se fait donc aussi par souci de réalisme, par nécessité scénaristique.

Dans le premier numéro de son apparition, il frappe donc à la porte des Wayne et, bien que Bruce et Dick refusent ses services, il s’impose (ce qui ne change guère de ce caractère entêté qu’on lui connaît aujourd’hui) et découvre bien vite l’identité de ses nouveaux maîtres. Un an après, le majordome apprenti-détective a droit à sa propre aventure, démontrant sa volonté de fer autant que sa maladresse comique. On apprend peu à peu que son père, Jarvis, a lui-même été majordome de Thomas et Martha Wayne.

Alfred amaigri dans Detective comics #83

Alfred raconte sa cure d’amaigrissement

Le premier Alfred est peu différent de celui que l’on connaît actuellement, excepté deux traits majeurs : son nom est d’abord Alfred Beagle, se transformant en Pennyworth bien des années plus tard, en 1954. Beagle restera le nom de son homonyme de Terre-2. Peu de lecteurs aujourd’hui se souviennent de son premier nom…et de sa première apparence ! Sa silhouette de gentleman élégant et fin est une image éternelle et rassurante chez le lecteur et même le spectateur. Et pourtant, le majordome avait un embonpoint certain à ses débuts !  Il maigrit bien vite grâce au serial diffusé dans les salles obscures en juin 1943, où il est interprété par William Austin, qu’on a tous oublié mais qui forgea l’apparence de son personnage pour toujours…L’année suivante dans les comics, Alfred, désireux d’aider Batman et Robin à combattre le crime, fréquente la salle de sport du manoir et part en cure thermale (dans Detective comics#83, le même qui nous présente la Batcave). Le voilà prêt physiquement à leur venir à la rescousse !

Des évolutions et des versions différentes du personnage

Les origines du majordome évoluent peu : tantôt ancien espion, tantôt ancien comédien, bien souvent détenteur de toutes ces expériences voire plus, ces atouts resteront une étiquette bien pratique pour les scénaristes, aussi bien dans les animés et les films que dans les comics. Il devient de plus en plus malin, fait preuve d’ingéniosité et se révèle vite indispensable au dynamique duo. Dans la série Batman des années 1966-68, incarné par Alan Napier, il est même plus rusé que ses maîtres (ce qui n’est guère difficile…). De fait, depuis quelques décennies, le majordome que l’on connaît a très peu évolué : il est l’archétype du gentleman anglais grand, fin et distingué ; c’est un majordome de façade mais un véritable garde du corps, médecin et détective scientifique lors des missions de son maître. C’est surtout la série animée de 1992 qui a forgé pour plusieurs décennies l’image d’une forte tête cynique et ironique, le seul à parler très franchement à Batman, comme nous le verrons plus loin. C’est un personnage semblable, très humain et très anglais qu’incarne Michael Caine dans la trilogie de Christopher Nolan, douze ans après. Aujourd’hui, nous assistons de plus en plus à l’avènement d’un Alfred plus « combattant » dans la série TV Gotham (où il est interprété par Sean Pertwee) et dans le Comics Batman : Terre-un de Geoff Johns et Gary Frank. Dans cette mini-série, Alfred est un ami de Thomas Wayne, embauché par ce dernier comme garde du corps. Il est violent, entraîne Bruce au combat et n’hésite pas à tuer de sang froid s’il s’agit de sauver son protégé, contre l’avis de ce dernier.

Alfred est plus violent dans Batman : Terre-un

Alfred contribue à la formation de Bruce dans « Terre-un « 

Cependant, Alfred meurt en 1964, dans un ultime sacrifice pour sauver ses maîtres poursuivis par des bandits, dans Detective Comics#328. Ressuscité par le savant Brandon Crawford, il revient sous la forme de l’Outsider, un ennemi de son maître, dans le numéro #334 et anime les objets de la Batcave pour les retourner contre Batman et Robin.

Alfred version Outsider dans Infinite crisis

Alfred en Outsider terrifiant dans « Trinity War » et « Forever Evil »

Fort heureusement, le duo parvient à ramener le véritable Alfred à la vie en 1966 ! Pourtant, dans les comics, un personnage créé ne disparaît jamais vraiment. C’est donc près de 50 ans plus tard, en 2013, qu’une version du majordome en Outsider très convainquant surprend le public dans les arcs Trinity War puis Forever Evil, qui font partie de l’excellent cycle Infinite Crisis (scénarisé par Geoff Johns). Alors que les membres de la Justice League doivent stopper leurs doubles maléfiques venant de Terre-3, l’Outsider est le leader calculateur de cette équipe nourrie par la haine, et il reste fidèle à son maître, Owlman, la némésis de Batman. Il va sans dire que la personnalité de l’Outsider est un régal pour tout fan du si gentil, complexe et intelligent Alfred

Dans la version alternative qu’est la série Injustice : les dieux sont parmi nous, notre héros de l’ombre n’est pas différent de celui que l’on connaît, mais il trouve la mort (tout comme bon nombre de protagonistes !) en refusant de dénoncer la cachette de l’homme qu’il aura toujours protégé comme son fils. Une mort terrible, cruelle et pourtant évidente pour celui qui s’est donné comme mission vitale de protéger coûte que coûte sa famille…

Enfin, dans les jeux vidéo Batman : Arkham, on retrouve un Alfred semblable à celui que l’on connaît depuis les années 90 : un père de substitution aimant Bruce plus que tout au monde ; un gentleman distingué mais sarcastique, doté d’une expérience militaire et médicinale importante, en même temps qu’un passé de comédien. Dans Batman : Arkham Origins, il a cependant bien plus de mal à approuver la mission de son pupille.

Alfred a-t-il une famille ?

Julia et Alfred Pennyworth dans Batman eternal

Alfred présente sa fille Julia à Tim Drake

On considère souvent qu’Alfred est le patriarche de la Bat-famille. Pourtant, le majordome a lui-même une famille biologique, selon différentes versions. On lui connaît même des relations amoureuses et une enfant ! Il noue quelques relations comme avec Maggie Page dans la série animée, qui cherche à le faire sortir de son quotidien et avec qui il lui arrive une mésaventure. Dans Batman#501 en 1981, les lecteurs découvrent qu’Alfred a une fille, Julia, issue d’une relation avec Mademoiselle Marie, une résistante française. Julia devient un personnage récurrent, disparaissant avec Crisis on Infinite Earths. Elle tient cependant une place de choix en réapparaissant dans Batman Eternal, la récente série de Scott Snyder (2014-2015). Dans cette saga, la jeune femme est une agent travaillant pour les services secrets britanniques. Déçue que son père soit au service d’un playboy milliardaire, elle découvre la véritable nature de Bruce Wayne (et le double jeu de son père) lorsque Thomas Eliott drogue et enlève Alfred.

Enfin, dans un numéro spécial « Nightwing : Alfred’s return#1 » publié en 1995, le majordome claque la porte du manoir Wayne (nous reviendrons sur cet épisode) et retrouve son ancien amour, Joanna Clark, qui lui présente un jeune homme comme étant son fils… pour finalement lui apprendre que c’était un mensonge !

Cependant, la véritable famille d’Alfred, c’est bel et bien celui qu’il a élevé depuis sa plus tendre enfance, ainsi que les enfants que Bruce Wayne a recueillis.

Alfred et Batman : une étroite relation de confiance mutuelle

Si, durant ses premières années, Alfred ne connaît Batman qu’une fois adulte, il est cependant communément admis aujourd’hui qu’il est le père de substitution de Bruce Wayne. Dernier vestige affectif de sa famille, il est celui qui a su le comprendre (tant la perte de Martha et Thomas Wayne fut grande pour le majordome), le protéger et l’élever. Mais, surtout, il est celui qui, sans forcément l’approuver dans sa mission, l’a aidé à se transformer en justicier. Alfred est en réalité le seul homme à avoir compris que seule l’entreprise de justicier permet à Batman de pouvoir vivre après la mort de ses parents. Le plus bel exemple de cette compréhension de la personnalité de son protégé est sans doute le comics Qu’est-il arrivé au chevalier noir ? (Neil Gaiman et Andy Kubert), publié en 2009. Dans cet émouvant hommage à Batman et à son majordome, Alfred y tient le rôle de maître de cérémonie à l’enterrement de Bruce, durant lequel chaque ennemi donne sa version de la vie et de la mort de la chauve-souris. Dans sa version, Alfred raconte avoir tout manigancé lui-même (les crimes, les ennemis, etc.) afin d’exorciser la rage de son maître, après avoir compris que seul un défi inatteignable et douloureux pourrait lui permettre d’exister.

Alfred dans Final Crisis, de Grant Morrison

Alfred dévasté par la mort de Batman dans Final Crisis, de Grant Morrison

De fait, Alfred est sans aucun doute la seule personne en qui la personnalité paranoïaque de Batman fait confiance. Même les Robins ne bénéficient pas de cette foi presque infaillible. Pennyworth remplit donc de multiples tâches auprès de son « maître ». Il gère d’abord la vie personnelle de Bruce, veillant à le nourrir, à organiser son emploi du temps et ses sorties civiles. Il est également son médecin, son technicien, son second à la Batcave lorsque Batman est de sortie, prenant très souvent les commandes à distance des différents engins ou guidant parfois les personnes qui utilisent la batmobile à la place du chevalier noir. Il n’hésite pas à prendre les choses en main lorsque Batman est absent (comme dans No man’s land) ou à aller l’aider lorsque son maître est prisonnier. Dans Batman Rebirth : Mon nom est Gotham, il enfile même le costume de son maître, prend la Batmobile et va à la rencontre du personnage Gotham afin de l’arrêter dans sa folie de destruction, après qu’il ait laissé le chevalier noir K.O. Lors des missions de Chevalier noir, celui-ci use parfois d’un nom de code pour appeler son associé : Penny-one (ou « un » selon les traductions). Avec ce surnom, personne n’est censé deviner l’identité du majordome, je vous laisse juge de la difficulté avec laquelle on peut associer le surnom et le nom…

Alfred aide Batman dans La Nouvelle Aube

Alfred, assistant Batman dans toutes ses missions. Ici dans « La Nouvelle aube »

Mais il est surtout source de conseils et est la seule personne dont Batman accepte sans trop sourciller les remarques parfois désobligeantes. Même lorsque son pupille ignore ses avis (ce qui vaut pour la plupart des cas) ou hausse le ton à cause de ses impertinences, Alfred peut se permettre de persévérer : jamais Batman ne le « renverra » ou ne portera la main sur lui (alors qu’une bonne raclée est souvent le résultat d’une parole un peu déplacée de la part des autres membres de sa « famille »). Dans The Dark Knight Returns de Franck Miller par exemple, le majordome se permet une remarque particulièrement acerbe concernant l’idée de prendre Carrie comme Robin :

-« Vous en avez vu de dures, Monsieur. Votre jugement s’en trouve perturbé
-Où voulez-vous en venir, Alfred ?
-La fille, Monsieur. […] Avez-vous oublié ce qui est arrivé à Jason ? »

La 1ère fois que Nightwing a osé faire une remarque au sujet de la mort de Jason (dans Un deuil dans la famille), il s’en est tiré avec un point dans la figure.

Alfred est donc le garant d’une certaine stabilité émotionnelle et morale pour l’orphelin. Son humour légendaire et cynique nous rappelle sa nature désabusée, surtout en ce qui concerne la vie privée de Bruce Wayne. La trilogie The Dark Knight et le film Batman vs Superman nous montrent un Alfred déçu de ne pas voir son Bruce vivre une vie de famille. Rappelons-nous son aigreur lorsque l’interprète Jeremy Irons dans le film de Zack Snyder lui fait la remarque: « Ceci dit, il n’est guère probable qu’il y ait une prochaine génération » (en parlant de laisser une cave à vin pleine en héritage pour les prochaines générations Wayne). Et s’il semble que Batman ne respecte que rarement les avis de son père de substitution, ce dernier est en réalité celui qui maintient son protégé dans le droit chemin. Comme l’affirme le grand Michael Caine « Alfred est conscient d’une chose : si Batman devenait malhonnête, il serait pire que le Joker ». Le chevalier noir est lui-même conscient de cet aspect des choses, et l’influence d’Alfred est immense dans le fait de ne pas dépasser la ligne rouge. Ainsi, dans le tome 3 de Batman : Le chevalier noir (Folie furieuse), le protégé d’Alfred perd pied et, fou de rage après un événement particulièrement tragique, s’apprête à tuer le Chapelier fou par noyade. Alfred assiste à la scène par caméra interposée et rappelle Batman à l’ordre : « Sortez-le. Ce n’est pas vous. Vous ne faites pas ça. Vous n’agissez pas ainsi. Sinon, ce sera incontestable : vous ne serez pas différent d’eux.  »

Alfred, Batman et Bane dans Knightfall

Un autre cas où Alfred est atteint : blessé et assommé par Bane dans Knightfall

Enfin, l’associé de la chauve-souris est si précieux pour elle qu’il est souvent la cible n°1 de ses ennemis. On ne compte plus le nombre de fois où il fut enlevé voire blessé. L’un des moments les plus percutants pour le lecteur est dans Le deuil de la famille de Scott Snyder, lorsque le Joker enlève Alfred et le drogue de son poison, le transformant en tueur démoniaque. Ou quand Silence, dans l’histoire de Paul Dini, Le cœur de Silence, vient au manoir s’en prendre au majordome qui l’avait considéré comme son fils lorsque l’ami de Bruce était enfant. Tuer Alfred est alors un moyen pour le psychopathe de s’en prendre au cœur de Bruce, mais aussi à la figure paternelle qu’il a toujours honnie.

L’indispensable pilier paternel d’une famille orpheline

Alfred Pennyworth est donc la figure paternelle et le garant émotionnel de Batman, mais il est également le pilier de la bat-famille. Bruce Wayne adopte ou recueille les Robins successifs, mais c’est bien Alfred qui prend soin d’eux et les éduque, offrant parfois des situations cocasses. On se souvient de la tentative du majordome pour réveiller et faire prendre un bain à « La grenouille », enfant des rues que Batman a amené au manoir dans l’épisode « Les enfants de la nuit » de la série animée. Ou encore la tâche particulièrement ardue d’élever le propre fils de Bruce, Damian Wayne. Cet arrogant garnement considère le majordome comme un moins-que-rien et lui manque totalement de respect, quand il ne s’enfuit pas chaque fois que son père le confie à son majordome. Cependant, Bruce n’est pas un homme qui donne de l’amour paternel, ni encore de son temps pour élever ses enfants. Alfred est donc finalement tendrement aimé de Damian et des autres garçons. Chaque noël met Alfred à l’honneur, lui qui est le ciment de la famille. Dans le très drôle et touchant Batman : Little Gotham (Dustin Nguyen et Derek Fridolfs), la fête des père donne l’occasion aux garçons de faire plaisir à Alfred, leur père à tous : il a interdiction de faire la cuisine ou de remplir ses tâches quotidiennes, à son grand désarrois puisque personne, dans cette famille habituée à être servie, ne sait se débrouiller…ce chapitre est un moment mémorable et ferait fondre le plus aigris des lecteurs.

Batman et les Robin dans Batman : Little Gotham

La famille Wayne tente de cuisiner pour fêter la fête des pères en l’honneur d’Alfred, dans Batman : Little Gotham

Les Robins ont très vite compris l’importance du gentleman anglais pour leur mentor. Lorsqu’ Alfred claque la porte du manoir (élément repris dans le film The Dark Knight Rises), agacé par le peu de soin que prend son pupille à l’égard de sa santé (« Je ne prendrai pas part à votre auto-destruction. Si vous n’obéissez pas aux ordres et ne prenez pas un repos complet jusqu’à ce que vous alliez mieux, je devrai me résigner à quitter mon poste »), Nightwing fait tout pour le ramener à la maison et le convaincre que sa seule famille est Bruce et Robin (dans Nightwing #1 : Alfred’s return)

Conclusion

Le tout récent récit complet Batman #4 commence par un récit émouvant de Tom King et David Finch, « Bon chien-chien ». Alfred recueille un féroce berger allemand martyrisé par le Joker et tente, malgré les dissuasions de Batman, d’en faire un chien docile. Au fil des mois, le majordome ne semble pas réussir sa mission, tandis que Bruce lui rappelle : « Vous ne comprendrez jamais. Toutes ces années, j’ai essayé de vous le dire. Certaines blessures ne guérissent pas. » Mais finalement, Alfred parvient à faire d’Ace un bon chien de compagnie. Cette courte histoire résume parfaitement bien la personnalité de notre majordome préféré : entêté, croyant en l’espoir d’une vie meilleure et d’une résilience, ou du moins que tout n’est pas perdu. D’une grande humanité, d’un humour fin, cynique et bienvenu dans cet univers sombre, Alfred est le personnage auquel le lecteur peut s’identifier le plus. Pennyworth voulant dire « valeur d’un penny », « insignifiant », il est d’une personnalité effacée et cachée, alors que son rôle est immense, son caractère et ses compétences reflétant de multiples facettes. Son statut de majordome le protège par son apparente banalité, mais ceux qui ont compris son importance affective pour Batman savent qu’il est la personne à laquelle le chevalier noir tient sans doute le plus. Si Alfred n’est plus, la part qu’il lui reste de stabilité et de sa famille tombe dans le néant. Le majordome tient sans doute le plus beau rôle : la grandeur de l’insignifiant.

Petite sélection de citations d’Alfred :

Dans la série animée :

Épisode « Morts de rire » :

  • Batman : Alfred, j’ai oublié de prendre la clé hexagonale. Pouvez-vous me l’apporter ?

    Alfred Pennyworth dans Batman TAS

    Alfred Pennyworth en gentlemen nonchalant et sarcastique dans la série animée

  • Alfred : Monte la chercher toi-même, gros naze (Alfred est en fait contaminé par le gaz hilarant du Joker. Mais j’avoue que cette réplique me fait toujours exploser de rire tant elle est inattendue)

Épisode « Le Duel » :

« Je ne savais pas que vous vous lanciez dans l’écoute du Rock ‘n’ Roll, Monsieur ». (Batman écoute en réalité des cris affreux de chauve-souris géante, le Man-Bat »)

Épisode « Les enfants de la nuit » :

« Vous avez un talent certain pour les effets dramatiques, Monsieur ».

Dans « Batman vs Superman : l’aube de la justice » :

  • Bruce : « Vous ralentissez avec l’âge, Alfred.
  • Alfred : Personne n’échappe à la règle, Maître Wayne. Vous aussi êtes trop vieux pour mourir jeune. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Dans « Batman : Mon nom est Gotham » :

  • Batman : Est-ce que…Est-ce que maman et papa auraient été fiers de moi ?… Est-ce une belle mort ?
  • Alfred : Oui, M. Bruce. Ils auraient été fiers de vous. Aussi fiers que je le suis. Aussi fiers que je l’ai toujours été. Je vous en prie, mon garçon, n’en doutez pas un instant…c’est sans conteste…la plus honorable des fins.

Dans le même tome :

  • Batman (à Duke) : Quant à ma confiance…Même Alfred n’en est pas digne.
  • Alfred : A son dixième anniversaire, il a demandé une épée de samouraï, plus spécifiquement un katana, l’arme des duels. Je lui ai offert un wakizashi, plus court, plus conforme à son âge. Il ne me l’a jamais pardonné.

Dans « Batman : année un » :

« Monsieur Bruce…je viens de lire un sujet fascinant dans Le Times. Il traite du manque de sommeil chez les demi-fous… »Nette augmentation de la paranoïa »….hmm… » Tendance à un comportement aberrant, voire violent »…Vous repartez ? Je vous sors vos collants ? »

Dans « Knightfall » :

  • Alfred : Plusieurs appels du docteur Kinsolving pendant que vous étiez « sorti », Monsieur Bruce.
  • Bruce : Que lui avez-vous dit ?
  • Alfred : Seulement que vous étiez trop occupé à méticuleusement vous épuiser en crapahutant dans les rues avec une cape et un masque pour lui répondre.
  • Bruce : Je ne suis pas en état de tolérer votre humour, Alfred.
  • Alfred : Excusez-moi de vous le dire, mais vous n’êtes plus en état pour grand-chose.
  • Bruce : Une bonne douche et un bon petit-déjeuner, c’est tout ce qu’il me faut.
  • Alfred : Sans oublier les seize heures de sommeil, trois mois de vacances, une transfusion de sang et une évaluation psychiatrique complète.
  • Bruce : Trop de bruit, je ne vous entends pas, Alfred…
  • Alfred : Comme souvent, je le crains…

Dans Batman : Le chevalier noir (tome 1) :

  • Batman : Du neuf sur la fille ?
  • Alfred  : Une jeune femme à moitié nue en lingerie blanche ? Le web regorge de ce genre d’images. Comptez sur moi pour procéder à un tri pertinent.

Dans « Injustice : Les dieux sont parmi nous » (tome 2) :

(A Superman), en le frappant : « Vous me décevez tellement. Plus jamais. Vous m’entendez ? Plus jamais vous ne ferez de mal à ma famille »

Alfred et Superman dans injustice : Gods among us

Une scène mémorable d’Injustice : les dieux sont parmi nous. Alfred venge Bruce de Superman

Les principales incarnations d’Alfred au cinéma et à la télévision

Batman, de Lambert Hyllier (1943) : William Austin
Batman, de Leslie H. Martinson (1966-1968) : Alan Napier
Batman et Batman returns, de Tim Burton (1989 et 1992) puis Batman Forever et Batman et Robin, de Joel Schumacher (1995 et 1997) : Michael Gough
Trilogie The Dark Knight, de Christopher Nolan (2005, 2008, 2012) : Michael Caine
Batman vs Superman : l’aube de la justice, de Zack Snyder (2016) et Justice League, de Zack Snyder et Joss Whedon (2017) : Jeremy Irons
Gotham, de Bruno Heller (2014-) : Sean Pertwee
Batman : la série animée, de Paul Dini, Bruce Timm et Eric Radomski (1992-1995), Batman  contre le fantôme masqué, de Bruce Timm et Eric Radomski (1993) : Efrem Zimbalist
Batman : Year One, de Sam Liu (2011) : Jeff Bennett
Lego Batman : le film, de Chris McKay : Ralph Fiennes

Si vous souhaitez compléter cet article avec des éléments que vous connaissez d’Alfred, mais que j’ai sciemment ou involontairement omis, n’hésitez pas à le rajouter dans les commentaires !

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