Review de Batman Prime – Tome 1
Publié le 03 novembre 2026 par Nico
Et si on se penchait aujourd’hui sur ce « nouveau » Batman ? C’est ce que je vous propose avec ma review de Batman Prime Tome 1, publié chez Urban Comics !
Synopsis
Batman a connu des années difficiles : brisé par Bane, ruiné par le Joker et attaqué par sa propre création, Failsafe. Mais le Chevalier Noir, entouré de ses alliés, a toujours su se relever et faire face aux menaces. Ainsi, quand Vandal Savage, nouveau commissaire du G.C.P.D., déclare Batman hors-la-loi, notre héros ne recule pas et se lance dans une nouvelle ère d’héroïsme. Une nouvelle page, plus lumineuse, s’ouvre pour le plus Grand détective du monde !
- Scénario : Matt Fraction
- Dessins : Jorge Jimenez
- Publié le : 22 mai 2026
- Nombre de pages : 168 pages
- Prix : 18.50€
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Une Gotham qu’on connaît déjà
Inutile de tourner autour du pot : ce premier tome de Batman Prime ne révolutionne rien. On n’est pas sur un gros enjeu cosmique, pas de multivers, pas de robot qui débarque pour casser la baraque. Matt Fraction recentre son récit sur Gotham et ses petites histoires de quartier, avec des gangs qui se tirent la bourre et un retour appuyé sur la mafia locale. Et honnêtement, après tout ce qu’on a pu se manger ces derniers temps, ça fait du bien de revenir à quelque chose d’aussi terre à terre.
On retrouve une bonne partie des têtes connues : Vandal Savage toujours commissaire du G.C.P.D et toujours aux trousses de Batman, Jim Gordon qui fait son retour (mais cette fois en simple flic de rue, après avoir pris sa retraite du costume de commissaire), Alfred qui persiste sous forme d’IA hallucinée, le Pingouin, le Sphinx… Tim Drake fait également une apparition remarquée en tant que Robin, avant de raccrocher la cape… Une sortie en douceur pour un personnage qui traînait sa patte depuis des années sans trop savoir quoi en faire… Dommage diront certains.
Mon chapitre préféré du recueil reste sans hésiter celui surnommé « le rencart », centré sur l’humour et sur Bruce Wayne tentant un semblant de rendez-vous avec une nouvelle scientifique qui cherche à soigner les méchants de Gotham. Ça vire évidemment au combat, mais c’est rythmé, bien dessiné et vraiment drôle, avec son lot de répliques savoureuses. Le tome se referme d’ailleurs sur un joli cliffhanger autour du retour d’un grand méchant bien connu des lecteurs. Ne voulant pas trop en dévoiler… Je n’en dirais pas plus.
Est-ce vraiment un « nouveau » Batman ?
Je vais peut-être être un peu dur, mais là où ça coince, c’est sur la promesse de fond. Urban comics (et DC Comics avant eux) nous vend cette sortie comme un grand renouveau, une nouvelle ère pour le Chevalier Noir. Le mot « nouveau » apparaît d’ailleurs cinq ou six fois rien que sur les premières pages de présentation. Sauf qu’en lisant le récit, on se rend vite compte qu’il n’y a quasiment rien de neuf là-dedans.
On reste dans la continuité directe de ce qui précédait : même Vandal Savage commissaire, même Alfred-IA, mêmes seconds couteaux du Batverse. Le nouveau costume est sympa, je ne vais pas le nier, mais les « nouveaux gadgets » sont présentés avec des petites fiches techniques dignes d’un jeu de rôle alors qu’il s’agit, pour la plupart, d’objets que Batman utilise depuis toujours. Le sédatif sorti en grande pompe n’est jamais qu’un médicament parmi d’autres dans sa panoplie habituelle. Même chose pour le côté « love interest mystérieux à la science louche » : on a déjà vu ce schéma plusieurs fois par le passé (même assez récent). Pas franchement le signe d’une proposition d’auteur inédite.
Le nouveau méchant, le Minotaure, souffre du même problème : aucun background, aucune explication sur son arrivée express à la tête de la pègre, et au final un simple « parrain du mois » qu’on a déjà croisé sous mille formes différentes. Difficile de s’attacher à un antagoniste qu’on nous présente sans jamais nous donner de raison de s’y intéresser. Et détail révélateur : c’est Jorge Jiménez qui dessine ce nouveau départ, le même artiste qui officiait déjà sur le run précédent. Difficile dans ce contexte de parler d’un vrai changement de patte. Ce tome aurait très bien pu être un simple Batman #155 dans la continuité, sans qu’on s’en aperçoive vraiment.
Du beau dessin et quelques fulgurances qui sauvent les meubles
Reste que sur le plan purement visuel, c’est une franche réussite. Jorge Jiménez livre des planches dynamiques, fluides, hyper maîtrisées, magnifiées par les couleurs vives et lumineuses de Tomeu Morey. Cette ambiance plus chaude colle bien à la volonté affichée d’un Batman un peu plus apaisé, et ça se ressent jusque dans les dialogues : on sent un Bruce Wayne plus ouvert, notamment dans une scène marquante face à Killer Croc, où il choisit de se démasquer pour mieux le comprendre.
Quelques scènes valent également le détour pour leur côté fun et inattendu, comme cette course-poursuite en Batmobile où Batman énumère un nombre de leviers de vitesse totalement délirant, jusqu’au fameux levier « portail interdimensionnel ». Détail amusant : la nouvelle Batmobile est désormais 100% électrique, et superbement dessinée au passage. On sent que Matt Fraction sait aussi instiller un peu de légèreté dans son récit. Cela contrebalance parfaitement avec Absolute Batman, alors pourquoi pas 🙂
Donc non, ce n’est pas un mauvais Batman. C’est même un Batman tout à fait honnête à lire, plaisant, bien dessiné, avec une vraie volonté d’apaisement et quelques jolies idées de mise en scène. Le problème, c’est qu’on nous le vend comme une révolution alors que c’est, au mieux, une continuité maquillée en numéro 1.
Conclusion
Je ne vais pas vous mentir : ce premier tome de Batman Prime se lit sans déplaisir. Matt Fraction recentre l’intrigue sur Gotham, soigne sa Bat-Family, glisse de l’humour bienvenu et offre un Bruce Wayne plus lumineux porté par les superbes planches de Jorge Jiménez. Le souci, c’est que derrière l’étiquette « renouveau », il n’y a quasiment rien de nouveau : mêmes personnages, mêmes gadgets repeints, même dessinateur que le run précédent, et un antagoniste qui peine à exister. Une bonne porte d’entrée pour les nouveaux lecteurs, mais pour ceux qui suivent Batman depuis longtemps, difficile de ne pas voir dans ce numéro 1 un argument marketing avant tout. On verra si la suite parvient à tenir ses promesses. Réponse avec le tome 2 qui arrive très bientôt ! (Car oui, je sais… J’ai pris un peu de temps pour vous rédiger cette review ;p )
- Un recentrage bienvenu sur Gotham et ses petites histoires de quartier ;
- Les superbes dessins de Jorge Jiménez et les couleurs lumineuses de Tomeu Morey ;
- Le chapitre « le rencart », drôle, rythmé et l’un des meilleurs du recueil.
- Un « renouveau » marketing un peu mensonger : mêmes personnages, mêmes gadgets repeints ;
- Le Minotaure, nouveau grand méchant, sans aucun background ni intérêt ;
- Même dessinateur que le run précédent, ce qui dessert l’idée d’un vrai nouveau départ.
Dessin
Colorisation/Encrage
Note globale 
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