[80 ans de Batman] Focus sur Carmine Infantino, une figure de DC Comics

Publié le 13 février 2019 par

Ce nouveau focus que Batman Legend se propose de réaliser à l’occasion des 80 ans de la naissance du Justicier de Gotham, revient sur un auteur qui a eu une influence toute particulière sur la trajectoire de notre héros. Il s’agit de Carmine Infantino, qui fût à la fois un auteur majeur de l’Age d’Argent des comics mais aura également eu un rôle important en tant qu’éditeur en chef de DC comics, pendant près de 10 ans.

Origine et premiers travaux

Né le 24 mai 1925 à Brooklyn, Carmine Infantino est le fils de Pasquale Infantino, et d’Angela Rosa Dellabadia, tous deux originaires d’Italie.

Si le jeune Carmine a débuté sa scolarité à Brooklyn, il intégrera plus tard la School of Industrial Art (qui deviendra la High School of Art and Design) à Manhattan. Au cours de sa première année de lycée, Infantino commencera à travailler pour Harry Chesler, dont le studio était l’un des rares fournisseurs de comics pour les premiers éditeurs liés au Golden Age. La graine commence à germer…

Son premier scénario original sera Jack Frost, co-signé avec Frank Giacoia au dessin (USA Comics #3 – 1942) édité chez Timely Comics (notons pour la petite histoire qu’il s’agit de l’ancêtre de … Marvel Comics. Infantino travaillera ainsi sur quelques séries à l’avenir prometteur chez le célèbre éditeur, dont Human Torch et Angel puis atterrira finalement chez DC Comics en 1947.

Arrivée chez DC Comics et Silver Age

Flash vu par Infantino : Naissance de Barry Allen

Le premier personnage dont il est l’auteur pour DC est Black Canary. Tout au long de sa carrière chez DC, Infantino aura une influence prépondérante sur le « Flash-verse ». Mais vers la fin des années 40, sous la double influence du Comics Code Authority (CCA) et du désamour des lecteurs pour les super-héros, Infantino s’orientera plutôt vers des histoires de westerns ou de SF.

Mais, en 1956, le rédacteur en chef de DC, Julius Schwartz, chargea Robert Kanigher et Carmine Infantino d’une première tentative pour faire revivre les super-héros. C’est ainsi qu’Infantino participera à la relance du super-héros Flash dans le quatrième numéro du comic book Showcase. Il dessine les premières aventures de ce nouveau personnage sur un scénario de Kanigher. Le succès de cette nouvelle version du Flash, bien plus orientée SF, annonçait le retour en masse des super-héros et le début de ce que les fans et les historiens appellent l’âge d’argent de la bande dessinée. Il créera plus tard les personnages de Captain Cold, Wally West et … Barry Allen.

Back to Batman

En 1964, Schwartz est chargé de relancer les anciens titres, dont Batman. John Broome au scénario et Infantino au dessin s’attellent à la tâche. Ils abandonnent les aspects plus « stupides » de la série (tels que le Bat-Chien).

Naissance du Bat-Symbole sur fond jaune. Infantino pose sa marque pour des décennies

Infantino relooke Batman, avec (a posteriori) une idée géniale : le batlogo, initialement noir directement sur le fond gris du costume est désormais inséré dans un ovale jaune. Le batlogo légendaire (quoique pas exactement identique) vient de naître (Lire notre focus sur le Bat-Symbole). Sous ce nouveau look, un vrai travail de fond des deux auteurs et une orientation plus policière des scenarii, Batman et Robin voient les ventes de leurs aventures repartir à la hausse. A noter que c’est ce logo qui inspirera celui utilisé dans la série télévisée et le film de 1966 avec Adam West.

Autre apport, moins légendaire, mais également fondamental : l’arrivée de Barbara Gordon en Batgirl (la précédente Bat-Girl, Betty Kane avait disparu de la circulation). Infantino est donc aussi un des architectes de la (re)construction de la Bat-Family.

Editeur en chef chez DC

Entre 1966 et 1967, Infantino a la responsabilité de la conception des couvertures de l’ensemble des publications de DC. Chez le concurent, Stan Lee en a eu connaissance et veut débaucher Infantino avec une offre (pour l’époque) de transfert de 22 000 $ pour venir chez Marvel. Jack Liebowitz, de DC, ne pouvant s’aligner sur l’offre, propose une promotion de Directeur Artistique à Infantino, qui finira par accepter et restera chez DC. En 1967, DC est vendu à la Kinney National Company (qui deviendra Warner Communication). Infantino est alors promu au poste de Directeur de l’Edition.

Il commencera par recruter de nouveaux talents et promouvoir ces artistes aux postes de rédacteurs. Il a ainsi engagé Dick Giordano, et a permis l’émergence des artistes tels que Joe Orlando, Joe Kubert et Mike Sekowsky. De nouveaux talents pleins d’avenir (!) tels que Neal Adams et le scénariste Denny O’Neil vont ainsi rejoindre DC. Et en 1970, infantino rend la monnaie de sa pièce à Marvel, en débauchant Jack Kirby, qui rejoindra les auteurs de Superman.

De façon plus globale, Infantino a œuvré en tant qu’éditeur en chef à une époque où la diffusion des bandes dessinées de la société était en baisse. Il a tenté plusieurs changements, en particulier sur la politique tarifaire, avec des résultats mitigés. Notons également que c’est lui qui a consulté Mario Puzo (oui ! l’auteur du Parrain) pour les scenarii des premiers films de Superman avec Christopher Reeve (I et II). Parallèlement, ses liens avec Marvel permettront la sortie du célèbre crossover Superman vs Spiderman

En janvier 1976, Warner Communications remplacera Infantino par l’éditeur de magazines Jenette Kahn, une nouvelle venue dans le domaine de la bande dessinée. Infantino reviendra alors au dessin indépendant.

Fin de carrière

Infantino se partagera par la suite entre diverses maisons dont Marvel et Warren Publishing. Il revint de façon assez amusante à la SF puisqu’il participa aux transpositions de Star Wars dans les comics, avec un réel succès d’audience.

Il retournera chez DC au début des années 80, où il retrouvera ses personnages fétiches de Batman et Flash.

Dans les années 90, Infantino enseignera à la School of Visual Arts avant de prendre sa retraite. En dépit de son age, Il fera des apparitions appréciées lors de conventions dédiés aux comics au début du 21ème siècle.

Carmine Infantino est décédé le 4 avril 2013 à l’âge de 87 ans à son domicile à Manhattan, toujours fidèle à sa ville de New-York.

Distinctions

Infantino collectionnera tout au long de sa carrière de nombreux prix, récompenses et distinctions.
Sa première récompense date de 1958, où il recevra le Prix du Comic Book de la National Cartoonists Society.

Par la suite, il sera régulièrement distingué par les Prix Alley. Trois fois en 1961, deux fois en 1962, en 1963, puis trois fois en 1964 et deux fois en 1967. Paradoxalement pour nous, ce n’est pas pour ses créations liées à Batman qu’il sera récompensé, mais plus « naturellement » pour ses deux personnages fétiches de Flash et Deadman.

Notons cependant en 1969, un « dernier » prix Alley qui illustre l’esprit novateur et l’inventivité du domaine de la bande dessinée. Un excellent résumé de sa contribution.

Enfin, notons le prix du Temple de la Renommée (Hall of Fame) Jack Kirby en 1998.

Mais je reste convaincu que les meilleures récompenses viennent des fans et des inconditionnels. En 2017, lors de la saison 3 de la série « The Flash« , lors de l’épisode 22, le nom de la rue où Iris est « tuée » par Savitar est « Infantino Street« … Le panneau du nom de la rue est l’objet de plusieurs flashbacks…..

Conclusion

Carmine Infantino restera donc une figure de l’histoire des comics et en particulier du Silver Age. Si son activité artistique en tant que dessinateur et scénariste est incontestable, il ne faut pas oublier son action en tant qu’éditeur en chef chez DC, qui restera sa grande maison. Il y apportera un souffle neuf et permettra l’émergence de nombreux artistes de talent. Les nombreuses récompenses qu’il aura reçues témoignent de la reconnaissance de ses pairs et du public tout au long de sa carrière.

Pour les fans du Chevalier de Gotham que nous sommes, nous retiendrons qu’après les errances comico-SF du personnage, liées au CCA, Infantino tendra à ramener le personnage vers des histoires plus sérieuses et policières. Et qu’il mit le pied à l’étrier pour de nombreux auteurs majeurs, au premier rang desquels, selon moi, Neal Adams, qui continuera dans cette voie, avec le succès que l’on sait.

Mais, au delà de tout cela, Infantino restera l’homme du Batlogo sur fond jaune. Ainsi, il est sans doute à l’origine de ce qui a érigé notre personnage favori au rang d’icône de la pop-culture. Merci Carmine !

 

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Votre bat auteur

Bruno, grand fan du Dark Knight depuis plus de 30 ans. Inconditionnel de Franck Miller, Grant Morrison & Tim Burton... Je m'attache à raconter "mes" moments cultes de ce personnage unique au travers de scènes inoubliables, de comics de légendes, de musiques cultes.

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